La pauvreté sous toutes ses formes est le plus important
défi auquel doit faire face la communauté internationale. Une cause particulière de
préoccupation est le cas des 1,2 milliard d'êtres humains qui ont moins d'un dollar par
jour pour vivre, et des 1,6 milliard d'autres qui ont moins de deux dollars par jour.Le
progrès à cet égard passe nécessairement par la définition d'objectifs de lutte
contre la pauvreté. Issus des grandes conférences et des sommets mondiaux organisés par
l'ONU dans les années 90, les objectifs de développement présentés ici sont des
objectifs généraux, pour le monde entier. Ils visent certains des nombreux aspects de la
pauvreté, et ses effets sur la vie des êtres humains. En les faisant siens, la
communauté internationale s'engage vis-à-vis des personnes les plus pauvres et les plus
vulnérables du monde et aussi vis-à-vis d'elle-même.
Ces objectifs sont définis de manière précise, et chiffrés pour garantir que nul
n'élude ses responsabilités. Clairs et transparents, ces chiffres serviront de repères
pour tracer l'itinéraire menant vers la réalisation des objectifs et suivre les
progrès. Mais les êtres humains ne sont pas des chiffres, et le bonheur n'est pas une
statistique. Ce qui fait la valeur de ces objectifs, c'est qu'en les atteignant, on aura
amélioré la qualité de la vie. Le monde sera meilleur, et plus sûr, pour les 6
milliards d'êtres humains qui l'habitent et qui, selon les prévisions, seront 7
milliards en 2015.
Des objectifs ne s'imposent pas, ils doivent être choisis de tout coeur. Il appartient
à chaque pays de définir les siens, de choisir les voies de son développement, et de
prendre ses propres engagements, par la concertation nationale. L'appui de la communauté
internationale y est indispensable. Et les pays à revenu élevé, qui disposent de plus
de ressources, peuvent apporter un concours précieux.
Il est essentiel que tous les partenaires de cet effort de développement poursuivent
des stratégies de croissance durable plus rapide, qui favorisent les pauvres. Qu'ils
dépensent de façon effective, sans gaspillage et en s'assurant que des procédures de
responsabilisation sont toujours en place. Qu'ils dépensent à bon escient, finançant
des activités pour le développement humain, social et économique, et non pas pour
gonfler excessivement leurs moyens militaires ou lancer des projets à répercussions
catastrophiques pour l'environnement. Qu'ils dépensent avec sagacité, sans consacrer des
ressources publiques à des activités que le secteur privé est mieux placé pour
entreprendre.
Les obstacles? Une faible gouvernance. Des politiques mal conçues. Les atteintes aux
droits de la personne. Les conflits, les catastrophes et autres chocs externes. La
progression de l'épidémie de VIH et de sida. L'inaction face aux inégalités de
revenus, d'éducation et d'accès aux soins de santé, face aux disparités entre hommes
et femmes.
Il y en a d'autres qui empêchent de progresser plus vite : les débouchés des pays en
développement sur les marchés mondiaux sont limités, l'endettement est un lourd
fardeau, l'aide au développement s'est amenuisée, le comportement des donateurs n'est
pas toujours cohérent.
Comment les surmonter? À travers un partenariat authentique, et un engagement soutenu
à éliminer la pauvreté dans ses nombreuses dimensions. Nos institutions s'emploient à
faire de ces objectifs de développement un cadre commun pour nos actions et nos
programmes, et pour mesurer notre efficacité. Ce combat contre la pauvreté, il nous faut
en sortir vainqueurs, et c'est par notre détermination que tous ensemble nous y
parviendrons, pour le bien de tous.

Kofi A. Annan
Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies

Donald J. Johnston
Secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques

Horst Köhler
Directeur général du Fonds monétaire international

James D. Wolfensohn
Président du Groupe de la Banque mondiale